Economie des lumières la nuit...DIJON : excès ?
Je partage tout à fait l'avis d'une critique, à lire après l'article, critique écrite par un maire.
Qui sur une route de campagne n'a pas admiré un ciel étoilé ? Ou constaté qu'au-dessus de la ville, un halo lumineux empêchait de voir le ciel ? Qu'en est-il à Dijon ?
Pollution lumineuse ? Lorsque les éclairages artificiels sont si nombreux qu'ils nuisent à l'obscurité normale.
Échelle. La pollution est évaluée par des appareillages électroniques de mesure de la luminosité.
L a ville de Dijon, comme de nombreuses villes, illumine le ciel un peu trop, selon certains. Est-ce un problème ? Peut-on faire des économies d'énergie ? André Gervais, adjoint délégué à l'équipement urbain, explique que depuis 2003, des mesures sont régulièrement prises : en rationalisant les durées de fonctionnement ; par ailleurs, en appliquant un programme de renouvellement qui prévoit de diminuer la puissance moyenne par lampe ; enfin, en arrêtant progressivement « les lampadaires qui éclairent les étoiles ». Des efforts qui portent leurs fruits ( notre encadré), chacun le reconnaît, même s'ils demeurent insuffisants. « Globalement, la mairie fait des efforts », dit Stéphane Dupas, de Dijon-ecolo.fr, qui est l'auteur (en 2007) d'une étude sur la pollution lumineuse dijonnaise. « Dans les nouveaux quartiers, l'éclairage est bien fait. Il n'y a rien à redire ». Un propos que l'on peut rapprocher de l'explication d'André Gervais : « Le tram va modifier aussi les choses ; 900 points lumineux vont être concernés » ou de la promesse de François Rebsamen lors d'une réunion publique, annonçant que les entreprises installant des luminaires sur le trajet du tram tiendraient compte de ce problème. Quelqu'un comme Eric Chariot, le président de la Société astronomique de Bourgogne (SAB), souligne lui aussi : « On a des contacts avec la Ville qui semblent aller dans le bon sens, et on voit déjà des progrès ». La SAB, depuis l'observatoire des Hautes-Plates, a longtemps regretté la détérioration des conditions d'observation du ciel : « En 1985, le ciel était relativement bon. Aujourd'hui, la moitié du ciel est inobservable ». Mais les premiers résultats des efforts faits sont sensibles. Il évoque même ce « Jour de la nuit », où la Ville a éteint quelques heures les lumières de la place de la Libération, le 24 octobre : « Cela ne s'était jamais fait ».
Il ne s'agit pas, bien entendu, de mettre Dijon dans le noir, mais de gérer plus strictement ses éclairages. Pour des raisons d'économie d'énergie - et c'est ce qu'avance André Gervais - mais aussi, dit Eric Chariot, parce que « l'accès au ciel est important, car c'est se souvenir que l'on n'est pas seul dans l'univers. C'est ouvrir une porte vers la découverte de nouveaux mondes (…) Si on coupe cet accès, c'est un peu comme si on avait mis une barrière au milieu de l'Atlantique, barrant la route à Christophe Colomb ». Et les adhérents de la SAB veulent « sensibiliser certaines communes, soit parce qu'elles sont dans des zones encore protégées comme le Châtillonnais, soit parce qu'on constate une surabondance d'éclairage comme dans la vallée de l'Ouche ou la Côte de Nuits ». Un travail qui n'est pas simple : « Les élus sont assez réceptifs. Ce sont les habitants les plus difficiles à convaincre ! L'éclairage a longtemps été vécu comme un progrès ».
À Dijon, la municipalité semble être persuadée du bien-fondé d'un éclairage mieux pensé. Même si les choses ne se font que très progressivement : « On a un programme de renouvellement, mais on ne peut pas tout faire la même année. Le budget est 1,8 million par an », dit encore André Gervais, alors même que Stéphane Dupas, lui, souligne qu'il faut maintenant convaincre les particuliers : « Ce qui est embêtant, c'est que la plupart des lampadaires boules maintenant sont dans les copropriétés. Là c'est plus compliqué ». Il va falloir encore sensibiliser, expliquer aussi - et on le trouve affirmé tant sur le site de Dijon-écolo que dans la bouche d'Eric Chariot.
Alors verra-t-on un jour disparaître ce fameux halo ? « Totalement improbable », réplique Samuel Challeat, doctorant à l'université de Bourgogne, car il est dû autant à la réflection purement diffuse (lambertienne) du sol qu'à l'éclairage mal orienté.
Jocelyne REMYÀ Dijon, déjà des économies notables
- La puissance des lampes renouvelées est moindre : on est passé de 169 W en 2003 à 146,2 W en 2009.
- Sur la dépose de luminaires, on a gagné 0,163 GW.
- En remplaçant les lampes à vapeur de mercure par les lampes au sodium haute pression ou à iodure métallique, depuis 2003 on a gagné 6,570 GW.
- Depuis 2003, la Ville a économisé de l'ordre de 2 % d'énergie par an. Actuellement, on en est à 14,5 % de gagné sur les 18 000 postes d'éclairage.
Publié le 03/03/2010
Vos commentaires
Des villages éteignent.
Oui quel gaspillage ces lumières allumées toute la nuit, dans ma petite commune du Chatillonnais dont je suis le maire, cet état de fait a été ma première préoccupation dès mon élection en mars 2008, après un sondage dans la population qui a été pour une extinction à 60% de 23 h 00 à 05 h 00, la réalisation n'a pas été simple, il a fallu réinstaller une horloge, mais aussi et surtout faire face aux réfractaires minoritaire de cette mesure, très virulents, mais j'ai fait jouer la démocratie, 9 conseillers sur 11 ont voté pour. Maintenant l'extinction est rentrée dans les habitudes, beaucoup de personnes me disent redécouvrir ce qu'est un clair de lune et un ciel étoilé, nous redécouvrons les cris des chouettes et des hiboux que nous n'entendions plus, les économies se font déjà sentir sur notre petit budget. Pour les villes bien sur il n'est pas envisageable d'éteindre, mais je pense que les finances de ces agglomérations peuvent supporter des transformations de leurs éclairages tel par exemple éteindre un lampadaire sur deux, ou baisser l'intensité des lampes à partir d'une certaine heure.